Eaux pluviales de toiture : où les rejeter et comment dimensionner l’infiltration
L’eau de votre toit doit s’écouler sur votre terrain ou sur la voie publique, jamais directement chez le voisin [1], et jamais dans l’assainissement non collectif [2]. Les exigences chiffrées — infiltration, rétention, débit de fuite, période de retour — viennent du PLU ou du zonage pluvial de votre commune [3]. Le volume d’un ouvrage d’infiltration se calcule par la « méthode des pluies » [4] ; dans l’exemple de calcul ci-dessous, 100 m² de toit à Lyon demandent environ 10 m de tranchée de 1 m sur 1 m.
Mis à jour le 2026-09-29 · chaque règle et chaque prix renvoie à sa source en bas de page. Un guide, pas une étude de conception.
Où a-t-on le droit d’envoyer l’eau du toit ?
Le Code civil permet d’user de la pluie qui tombe sur son terrain, mais l’eau des toits doit s’écouler chez soi ou sur la voie publique, pas directement chez le voisin. Le terrain en contrebas reçoit l’écoulement naturel venu d’en haut, que le propriétaire du haut ne doit pas aggraver, par exemple en concentrant l’eau en un point [1].
Il n’existe pas de règle nationale de dimensionnement : le PLU et le zonage pluvial imposent l’infiltration ou le stockage, limitent le débit rejeté au réseau ; la demande de permis de construire indique comment la maison gère ses eaux pluviales [3]. À Paris, par exemple, la parcelle ne rejette pas au réseau les « petites pluies » de 4 à 16 mm selon la zone, et un trop-plein caché vers l’égout est interdit [5].
Pourquoi jamais dans la fosse ou la micro-station ?
L’assainissement non collectif traite les eaux usées domestiques, à l’exception des eaux pluviales [2] ; la notice d’une micro-station agréée cite l’eau des toits parmi les apports interdits [6].
Peut-on récupérer l’eau de pluie pour la maison ?
Oui, depuis le 1er septembre 2024, mais seulement l’eau des toits : lavage du linge et des sols, chasse d’eau, lavage extérieur, arrosage. Boire, cuisiner, laver la vaisselle ou se laver restent interdits, même après traitement [7]. Le réseau est séparé et repéré, les robinets portent la mention « eau non potable », le réseau d’eau potable est protégé contre les retours d’eau, et une déclaration au préfet est nécessaire si l’eau sert au linge [8].
À quelle distance de la maison infiltrer ?
| Ouvrage | Repère | Source |
|---|---|---|
| Ouvrage d’infiltration (tranchée, bassin) | En général 5 m au moins des fondations ; la règle ne vise pas l’infiltration diffuse sur pelouse ou dans une noue | [9] |
| Puits d’infiltration | Plus de 5 m des bâtiments, 3 m des arbres, fond à 2 m au moins au-dessus des plus hautes eaux de la nappe, hors périmètres de protection de captage | [10] |
| Infiltration concentrée près de la maison | Déconseillée en général ; au mieux un petit ouvrage peu profond | [9] |
Comment mesurer la perméabilité du sol ?
Deux essais sont d’usage : l’essai Matsuo en fouille, le plus représentatif, et le test de Porchet en forage. On divise en général la perméabilité mesurée par deux, et l’ouvrage doit se vider en 48 heures au plus [11]. L’infiltration est envisageable entre 10⁻⁵ et 10⁻² m/s [10] ; la Métropole de Lyon la proscrit sous 3·10⁻⁷ m/s, soit environ 1 mm/h [12].
Comment calculer le volume : la méthode des pluies
La méthode compare, pour chaque durée de pluie, le volume qui arrive et celui qui s’infiltre pendant le même temps ; l’ouvrage, supposé vide au début de l’averse, doit stocker la plus grande différence [4].
- Volume à stocker : V(t) = Ca × S × h(t) − Q × t, maximum sur toutes les durées t [4]. S est la surface raccordée, Ca son coefficient d’apport [13].
- Hauteur de pluie : h(t) = a × t^(1−b), en mm, t en minutes ; a et b sont les coefficients de Montana de la station la plus proche pour la période de retour choisie (5 à 100 ans), vendus 40 € HT par station par Météo-France [14] [15]. Les régions pluviométriques de l’instruction de 1977 ne s’utilisent plus [9].
- Débit d’infiltration : Q = K × surface d’infiltration [13] ; pour un puits, on ne compte que la moitié des parois latérales [10], avec K égal à la moitié de la valeur mesurée [11].
- Volume de l’ouvrage : le guide SYMASOL majore le volume de 20 % ; on le divise ensuite par l’indice de vide du remplissage, plus de 30 % pour le gravier, plus de 90 % pour des blocs alvéolaires [10].
Exemple de calcul : 100 m² de toiture à Lyon
Hypothèses de cet exemple de calcul : toit de 100 m² dont toute la pluie ruisselle (Ca = 1) ; tranchée de 1 m de large et 1 m de hauteur utile, gravier à 30 % de vide ; perméabilité mesurée 4·10⁻⁵ m/s, retenue 2·10⁻⁵ m/s ; seule la moitié des parois compte, comme pour le puits du guide SYMASOL. Pluies de Lyon-Bron, période de retour 10 ans : 32,6 mm en 1 h et 53 mm en 6 h, valeurs orientatives tirées d’une étude publique [16].
- Apport : 100 m² × 32,6 mm = 3,26 m³ en 1 h ; 5,3 m³ en 6 h.
- Infiltration d’une tranchée de 10 m : moitié des parois = (2 × 10 + 2 × 1) × 1 m ÷ 2 = 11 m² ; Q = 11 × 2·10⁻⁵ = 0,000 22 m³/s, soit 0,79 m³ par heure.
- Stockage : sur 1 h, 3,26 − 0,79 = 2,47 m³ ; sur 6 h, 5,3 − 4,75 = 0,55 m³. La pluie d’une heure est la plus défavorable des deux.
- Avec la majoration de 20 % : 2,47 × 1,2 = 2,96 m³ d’eau ; 10 m³ de gravier à 30 % de vide en stockent 3,0 m³, la tranchée de 10 m suffit.
- Vidange : 3,0 ÷ 0,79 ≈ 4 heures, loin des 48 heures admises [11].
- Sur 30 ans, exigés en périmètre prioritaire lyonnais (41,2 mm en 1 h [16] [12]), il faut environ 13 m de tranchée, pluie d’une heure seule.
Quelles pluies de référence dans les grandes villes ?
Nous ne reproduisons pas les hauteurs de pluie dérivées des données de Météo-France : suivez le lien vers le document public, ou demandez la pluie de projet au service instructeur. Retenez toujours la pluie fixée par votre commune.
| Ville (station) | Pluie de référence | Exigence locale pour la parcelle |
|---|---|---|
| Paris | 48 mm en 4 h, pluie décennale « double triangle » [5] | Petites pluies de 4 à 16 mm non rejetées au réseau ; zonage révisé pour 2026, nouvelle version non analysée ici |
| Lyon (Bron) | Hauteurs publiées dans une étude publique : voir la source [16] | Rétention 30, 10 ou 5 ans selon le périmètre ; vers un cours d’eau 3 L/s au plus [12] |
| Clermont-Ferrand (Aulnat) | Hauteurs publiées dans une étude publique : voir la source [18] | Rétention pour une pluie de 30 ans, de 2 à 24 h |
| Nice | Hauteurs publiées dans une étude publique : voir la source [19] | Au moins 80 L par m² imperméabilisé, selon un bureau d’études (pratique) |
| Montpellier (Bel Air) | Hauteurs publiées dans une étude publique : voir la source [20] | Non relevée |
| Bordeaux (Mérignac) | Hauteurs publiées dans une étude publique : voir la source [21] | Non relevée |
| Toulouse (Blagnac) | Non trouvée dans nos sources | Maison : 5 L par m² de parcelle, 7,5 m³ au plus, fuite 2 L/s au plus [22] |
| Marseille (Marignane) | Non trouvée dans nos sources | Compensation au moins pour une pluie de 30 ans [23] |
| Nantes (Bouguenais) | Coefficients Météo-France 1972–2021, non reproduits [24] | Non relevée |
| Rennes (Saint-Jacques) | Coefficients propres à la Bretagne, non reproduits [25] | Non relevée |
Questions fréquentes
Peut-on raccorder les gouttières à la fosse septique ?
Non. L’assainissement non collectif ne reçoit jamais les eaux pluviales [2] ; elles s’infiltrent ou se stockent sur la parcelle selon les règles de la commune.
L’eau de mon toit coule chez le voisin : est-ce permis ?
Non : l’eau des toits doit s’écouler sur votre terrain ou sur la voie publique, pas directement sur le fonds voisin [1].
Où trouver les coefficients de Montana de ma commune ?
Auprès de Météo-France, pour la station la plus proche : environ 40 € HT par station (mars 2025) [15]. Le service instructeur peut aussi indiquer la pluie de projet à retenir.
Sources
- assainissement.developpement-durable.gouv.fr, art. 640, 641, 681 (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · source
- Guide d'information sur les installations ANC — outil d'aide au choix (Ministères écologie et santé, 2012); Guide des bonnes pratiques ANC, Département des Côtes-d'Armor (2014), fiche 3 «Composition d'une installation» (FR) · interdiction · vérifié le 2026-09-29 · source
- Portail assainissement (Ministère de la Transition écologique) — Eaux pluviales: propriétaires, «Prise en compte des eaux pluviales dans les autorisations d'urbanisme» (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · source
- Wikhydro (Ministère de la Transition écologique / Cerema) — «Méthode des pluies (HU)», maj 31/07/2023 (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- Ville de Paris — Guide d'accompagnement pour la mise en œuvre du zonage pluvial (2019) (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- assainissement-non-collectif.developpement-durable.gouv.fr (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- Décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 et arrêté du 12 juillet 2024 (usages domestiques d'eaux impropres à la consommation humaine) — guide de lecture DGS, CSP art. R. 1322-90, R. 1322-92; guide DGS p. 8–12 (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · source
- Décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 et arrêté du 12 juillet 2024 — guide de lecture DGS, CSP art. R. 1322-98, R. 1321-57; guide DGS p. 15–16, 23–24 (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · source
- DRIEAT Île-de-France — Guide technique pour l'instruction des dossiers d'eaux pluviales (août 2020), §4.1 (distance des ouvrages d'infiltration); §3.2 «Rappel réglementaire» (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- SYMASOL — Gestion des eaux pluviales, guide pour la mise en œuvre de techniques alternatives (juin 2016), fiche «Puits d'infiltration»; «Méthode de calcul du volume» (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- DRIEAT Île-de-France — Guide technique pour l'instruction des dossiers d'eaux pluviales (août 2020), §4.1–4.2 (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- grandlyon.com, étapes 2–5; PLU-H art. 1.3.2.2, 6.3.3, 6.3.6.2 (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- DREAL Grand Est / Agence de l'eau Rhin-Meuse — Doctrine régionale «La gestion des eaux pluviales», annexe technique cas pratique (février 2020), annexe technique, «Calcul du volume à stocker» (FR) · recommandation · vérifié le 2026-09-29 · source
- Wikhydro «Montana (formule type) (HU)», maj 16/07/2025; Météo-France fiche produit «Coefficients de Montana» (v1.1, 07/07/2005), «Où trouver les coefficients de Montana?» (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · source
- Wikhydro «Montana (formule type) (HU)» (maj 16/07/2025), «Où trouver les coefficients de Montana?» (FR) · prix · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- mairie-taluyers.fr (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- SYMASOL — Gestion des eaux pluviales, guide pour la mise en œuvre de techniques alternatives (juin 2016), fiches «Puits d'infiltration», «Tranchée drainante», «Coût à prévoir» (FR) · prix · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- plu.clermontmetropole.eu (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- paca.developpement-durable.gouv.fr (FR) · pratique (pas une règle) · vérifié le 2026-09-29 · ? · source
- occitanie.developpement-durable.gouv.fr (FR) · pratique (pas une règle) · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- data.geopf.fr (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- Eau de Toulouse Métropole — Dimensionner ses ouvrages alternatifs pluviaux; PLUi-H Toulouse Métropole, notice technique eaux pluviales (2024) (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ~ · source
- paca.developpement-durable.gouv.fr, §3.2.3–3.2.4 (FR) · pratique (pas une règle) · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- Météo-France — Coefficients de Montana, NANTES-BOUGUENAIS (44), statistiques 1972–2021 (édité le 20/03/2024), annexe 2 Pornic Agglo (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
- publitheque.meteo.fr (FR) · règle · vérifié le 2026-09-29 · ✓ · source
🌐 🇵🇱 Według przepisów polskich · 🇺🇦 За нормами України · 🇺🇸 US rules · 🇩🇪 Nach deutschen Vorschriften · 🇬🇧 UK regulations